La ferme Api‑Rove du Frou

 

La ferme Api‑Rove du Frou

Retour sur la sortie

Douze personnes se sont inscrites.

La visite commence sous l’égide d’Alain, chef de troupeau, et accessoirement mari d’Isabelle, la Dame aux PAM : Plantes Aromatiques Médicinales (rien à voir avec A. Dumas), qui nous propose d’aller saluer ses chèvres.

Les chèvres Rove aiment manifestement les attentions délicates des visiteurs du jour : caresses, papouilles et autres manifestations de tendresse réciproque. Toutefois, une légère inquiétude se fait sentir concernant la taille remarquable des cornes dont on se demande comment est-il possible qu’il n’y ait pas plus de dégâts collatéraux !

Tahiti, le toutou de garde, dont l’orthographe du nom n’est pas garantie, se prend depuis son arrivée dans le troupeau pour une chèvre (et accepté comme tel, comme quoi les chèvres seraient plus tolérantes que certains que je connais), malgré une certaine réticence à « cueillir » l’herbe qui régale pourtant ses congénères. Car les chèvres cueillent, figurez-vous, contrairement aux vaches et autres brebis qui, elles, broutent.

Son rôle est de veiller à la sécurité du cheptel, ce dont il s’acquitte à merveille. Au-delà de son métier de gardien, féroce si besoin (pas de crainte pour vos mollets, c’est juste du bluff), il est d’une bienveillance remarquable envers les pèdes, qu’ils soient quadri ou bi (ce qui n’est pas le cas de tous ceux que je connais non plus).

Après la session caresses partagées, Isabelle emmène son troupeau (de visiteurs, en l’occurrence) dans son domaine aux mille senteurs. Difficile d’expliquer par des mots ce que l’on sent, ou ressent, au milieu des fleurs multicolores qui s’épanouissent dans ce petit paradis.

En fait, tout s’explique : les chèvres, les fleurs, les abeilles, tous ces microsystèmes s’harmonisent : la fumure des chèvres sert d’engrais, les fleurs en profitent, les abeilles pollinisent, les fruits se développent, etc.
Point d’engrais, point d’apport extérieur. Les chèvres se nourrissent du foin produit par Alain et Isabelle, ou de l’herbe des champs avoisinants.
Et le soleil produit l’énergie nécessaire pour le chauffage de la maison, la cuisson, l’électricité ou le séchage des fleurs.
Et même le loup fait partie de la fête. Il est le bienvenu (à condition de ne pas croquer les bêtes) ! Il est le prédateur par excellence. Mais il n’est pas considéré comme un ennemi par Alain et Isabelle. Il existe, et il a le
droit d’exister, il faut juste s’adapter (merci Tahiti !).

La visite se conclut sur une dégustation bienvenue et dignement appréciée : fromages d’excellence (comment pourrait-il en être autrement ?) ; sirop de groseilles (maison bien sûr) ; et prunes, agrémentées de fruits séchés aux énergies renouvelables.

Local, bio, et de saison, telle est la leçon : "Défendre en Chartreuse une agriculture bio de montagne parce qu’un autre monde est possible et nécessaire, parce qu’à chaque instant nous
le créons ! »

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