Bilan du café patrimoine sur l’histoire de plantes médicinales,culinaires, tinctoriales

Pour voir l’article de présentation de la soirée, cliquez ici.


SOIRÉE CAFÉ PATRIMOINE À ST BERNARD DU TOUVET

Le mardi 15 octobre 2013, s’est déroulé un café patrimoine sur l’histoire de plantes médicinales, culinaires, tinctoriales.
Issue d’un partenariat entre les Amis du Parc de Chartreuse, Les Relais de la Chartreuse, Jardins du Monde Montagne, et gracieusement accueillis sur le site d’Évasion au Naturel, cette soirée a été l’occasion d’échanges passionnés entre les personnes réunies autour du thème des plantes !

L’animation a débuté par une visite guidée du jardin pédagogique de l’association des Relais de la Chartreuse.
Tout autour des chalets bioclimatiques d’Évasion au Naturel poussent plus d’une centaines de plantes sauvages et locales !

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Les 45 participants ont ensuite été invités à se servir en collations et plats à base de plantes sauvages soigneusement préparés par les membres de l’association Les Relais de la Chartreuse.
Au menu : cakes aux orties, gâteaux au chocolat et hydrolat de menthe, confiture de fruit de sorbier....etc, un délice !

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En introduction, Aurore Provent des Amis du Parc de Chartreuse, a présenté les différents organisateurs ainsi que le programme de cette soirée.
La parole a ensuite été donnée à Jean Louis Barbon, président des Amis du Parc, pour présenter le principe des cafés patrimoines.

Karine Desautel, présidente de l’association les Relais de la Chartreuse a présenté la structure ainsi que le centre écotouristique composé de chalets bioclimatiques.

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La première animation de la soirée consistait à répondre, sur un post-it, à la question suivante : "Quelles plantes utilisez-vous et comment ?".
Ces réponses ont ensuite été utilisées au fil de la soirée afin aborder les différentes utilisations évoquées.

LES SUJETS ABORDÉS

Manon Pelissier, service civique aux Relais de la Chartreuse, a introduit la notion d’ethnobotanie comme étant une discipline traitant les rapports entre la communauté végétale et l’être humain.

C’est ensuite Isabelle Cavallo, salariée de Jardins du Monde Montagne, qui a continué la discussion en évoquant l’importance de la conservation du patrimoine et de la transmission des savoirs liés à l’utilisation des plantes sur nos territoires de montagnes.
Jardins de monde Montagne travaille depuis 2009 sur la préservation et la conservation de ce patrimoine en allant enquêter auprès des anciens habitants du massif de la Chartreuse et des Bauges pour connaître leurs utilisations. Il est très intéressant d’observer qu’en fonction des lieux, les noms vernaculaires et les utilisations des plantes varient.
L’usage des plantes et la façon de vivre des personnes sont aussi des moyens de définir un environnement et la société qui le compose.

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Quels usages pour les plantes ?
On peut soit les utiliser en médecine (pour l’homme et les animaux), alimentation, teinture, usage domestique, cueillette commerciale, usage récréatif,usage symbolique...etc

Quelques exemples d’usages :

- La botryche lunaire : usage vétérinaire, herbe contre le mal de ventre
- Le maïs : confection des matelas
- La bauche (Carex) : rempaillage de chaises
- Le frêne : bois de chauffage, sifflets, les feuilles pour nourrir les bêtes en hiver
- Le buis et le genévrier : plantes fortes utilisées pour chasser le diable ou les mauvais esprits

Fabienne Ichtchenko a ensuite parler de l’utilisation des plantes tinctoriales. Ce savoir est très ancien et permet notamment de teindre le textile. Pour autant en Chartreuse, cette pratique ne semble pas si répandue.
Pour se faire, il faut notamment être très délicat avec la plante pour ne pas l’abîmer. Les parties à utiliser pour la teinture peuvent être : la racine, les écorces, les fleurs. Tout est utile !
Les couleurs vertes et noires sont les plus difficiles à obtenir. On trouvera plus facilement les couleurs marron, bleu-foncé, ou jaune.

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Une recette de teinture pour les œufs de pâques :
Si vous souhaitez réaliser votre propre teinture à base de plantes, il est possible de teindre vos œufs en jaune. Pour cela, mettez à bouillir des pelures d’oignons puis trempez les œufs dedans....Le tour est joué !

Après le visionnage des œuvres de Fabienne Ichtchenko faites à base de teintures végétales, une courte pause est intervenue.

A la reprise, Karine Desautel nous a expliqué le fonctionnement des alambics. Dans la fiole qui récupère la solution finale, on retrouve l’hydrolat à l’étage inférieur et l’huile essentielle qui flotte à la surface.

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De façon générale, ce sont les parties sommitales fleuries qui sont les plus utilisées pour élaborer des huiles essentielles ou des hydrolats. On peut aussi utiliser les feuilles, les graines ou bien les tiges. Dans tous les cas, il faut une grande quantité de plantes pour produire peu d’huile.

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Hydrolat, huile essentielle, macérat, infusion, décoction... quésaco ?
- Hydrolat (ou eau florale) : extrait d’une plante aromatique ou non obtenue d’une solution eau + poche d’essence de plante par entraînement à la vapeur. L’hydrolat ne permet pas d’obtenir tous les principes actifs présents dans les huiles essentielles.
- Huile essentielle (ou essence végétale) : huile obtenue par extraction ou distillation de molécules volatiles de la plante d’origine.
- Macérat : obtenu par macération d’une plante dans un corps soit aqueux (eau) soit huileux.
- Infusion : infusion de quelques minutes d’une plante dans de l’eau bouillante
- Décoction : une infusion de plantes pendant 15 à 30 minutes dans l’eau bouillante

C’est ensuite Catherine Alaphillippe qui est intervenue pour parler des vertus médicinales et culinaires des plantes sauvages.

L’une des participantes a évoqué l’utilisation des feuilles de plantain contre les ampoules. A la venue de la douleur (ou en prévention) sur le talon, mettrez une de ces feuilles entre la chaussette et la peau et vous en verrez les bienfaits quasi instantanés !

Quelques recettes sauvages :
- Les orties (patois "des Entremonts "urtcha") sont des excellentes plantes riches en calcium et fer. Elles sont aussi très bonnes en tarte, soupe ou beignets.
- Les baies du genévrier (patois "zhèniervra") sont de très bons condiments. On en fait aussi de l’alcool.
- Les bourgeons de sapins peuvent être utilisés en gelée ou en sirop et sont de remarquables remèdes contre les coups de froids d’hiver.
- Le pissenlit s’utilise en salade (feuilles), en soupe (racines) ou en confiture (fleurs). Il est aussi très riche en calcium.
- La grande berce peut se cuisiner en gratin (tiges et feuilles).
- Le Thé des Alpes tout comme la vulnéraire sont très connus sous forme de liqueurs.

Pour finir la soirée, Catherine Alaphillippe nous a proposé un petit quizz : pour chaque photo de plante, retrouvez quelle est son principal apport (calcium, fer, ou vitamine C ?).
- La plante la plus riche en vitamine C la violette (feuilles et fleurs).
- La plante la plus riche en calcium est la mauve sylvestre.
- La plante la plus riche en fer est l’ortie.

Pour découvrir le document souvenir de la soirée, cliquez sur le document ci-dessous :

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document souvenir

Nous remercions chaleureusement les associations Les Relais de la Chartreuse et Jardins du Monde Montagne pour leur agréable collaboration à cette soirée, ainsi que le site d’Évasion au Naturel pour son accueil.


Ces animations bénéficient du soutien financier des partenaires suivants :

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