JUIN 2012 : à la découverte de la Réserve des Hauts de Chartreuse


Avant le récit de la journée vous pouvez consulter l’article de présentation EN CLIQUANT ICI


Cette dernière sortie thématique estivale fut une première !
Une coopération entre la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse et les Amis du Parc de Chartreuse

Une douzaine de personnes ont ainsi pu suivre les pas de Christophe LEFORT, agent nature sur la Réserve et ceux de Catherine ALAPHILIPPE, issue de l’école lyonnaise de plantes médicinales.

Tous deux se sont relayés pour nous communiquer leurs connaissances de ce territoire remarquable.


Dès le départ de la randonnée, à Pré Orcel sur la commune de Sainte-Marie-du-Mont, Christophe nous a présenté la Réserve.

La « vitrine verte » du Parc naturel régional de Chartreuse.

Depuis sa création en 1997, elle couvre 4 450 hectares sur la partie Est du massif de la Chartreuse et s’étend en un vaste monument rocheux bordé de hautes parois, du Mont Granier au Nord à la Dent de Crolles au Sud.

Christophe a insisté sur le fait que même si elle est gérée par le syndicat mixte du Parc, la Réserve et le territoire du Parc sont deux entités bien distinctes.
Une réglementation spécifique s’applique à la Réserve.
Il est notamment INTERDIT :

  • de camper
  • de faire de la cueillette
  • d’amener son chien
  • de faire du feu
  • de jeter des déchets
  • ...

Les vertus des plantes rencontrées

Lors de notre ascension au col de l’Alpe, Catherine nous a détaillé les vertus des plantes au gré des stations rencontrées.

Zoom sur le Botryche lunaire : une fougère relique de l’Arctique
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La Botryche lunaire

C’est une petite fougère vivace que l’on trouve à l’étage montagnard. Elle affectionne les pelouses rases sur des terrains bien exposés au soleil. On peut la retrouver à basse altitude dans les régions arctiques de notre planète.
Cette plante est principalement utilisée pour soigner les troubles digestifs, les coliques, la diarrhée mais aussi les douleurs menstruelles.
De nombreuses légendes médiévales circulent sur la Botryche. Son usage magique le plus important consistait à rendre invisible à condition de la ramasser un soir de pleine lune, par temps de brume…

Savez-vous différencier la pensée et la violette ?

En comparant l’orientation des pétales on remarque que :

  • la penséerit
  • la violettepleure
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La violette et ses 2 pétales vers le haut et trois vers le bas

Le saviez-vous ?

La violette est bien plus riche en vitamine C qu’une orange. De plus, l’acide salicylique qu’elle contient est efficace contre les problèmes pulmonaires.

L’ortie… une plante banale aux usages multiples
Une récente étude vient de mettre en évidence que l’ortie contient autant voire plus de protéines que la viande.
Au-delà de sa bonne valeur nutritive pour le bétail et l’homme, l’ortie est indispensable à de nombreux insectes : 50 espèces sont inféodées à cette plante.

Les participants ont pu apprendre de nombreuses anecdotes sur le monde végétal :

  • plus on monte en altitude, plus les espèces se démarquent pour attirer les insectes et pour se défendre : couleurs éclatantes, pouvoirs curatifs amplifiés.
  • dans le monde, seulement 10% des vertus médicinales des végétaux sont connues.

Et ces petits savoirs sur les plantes qui peuvent s’avérer bien utiles en randonnée :

  • l’oxalis qui ressemble au trèfle et qui coupe la soif
  • le plantain qui peut remplacer un pansement en cas d’ampoule, etc.

Les milieux naturels qui font la beauté du paysage

Cette ascension nous a permis d’observer différents milieux naturels qui participent au maintien d’espèces remarquables mais aussi à la beauté des paysages :

  • les milieux forestiers
  • les landes buissonnantes à rhododendrons qui se développent sur des sols peu dégradés du fait de l’altitude
  • les alpages où l’on retrouve de nombreuses bornes marquant la frontière entre la France et la Savoie (enclave de Saint-Pierre-d’Entremont Savoie)
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La frontière du côté français symbolisé par la fleur de lys

  • les parties sommitales où les Pins à crochets s’implantent sur la roche nue
  • les falaises et les éboulis calcaires où l’on peut retrouver la fameuse Vulnéraire des Chartreux presque en fleur lors de la sortie
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La Vulnéraire des Chartreux en bouton

Une autre particularité de ce territoire est la nature des sols

Deux types de calcaires sont présents sur le secteur :

  • le calcaire urgonien
  • le calcaire gréseux

Un moyen très simple permet de les distinguer : l’occupation des sols.
- Les alpages reposent sur des calcaires gréseux
- Les falaises et les parties sommitales où le sol est très maigre sont liées au calcaire urgonien.


La vie de la Réserve

LA MISSION D’UN AGENT AU QUOTIDIEN

Pendant la pause pique-nique, Christophe nous a présenté son quotidien en tant qu’agent nature. Il assure avec deux autres collègues entre autres :
- le suivi des espèces sensibles indicatrices (aigles, chouettes de montagne, tétras, flore…)
- la lutte contre le maraudage  : tournées de police de l’environnement
- la prévention, discussion, échange
- le balisage, en hiver notamment pour la pratique de la raquette à neige

UN RÔLE IMPORTANT : LES RÉINTRODUCTIONS D’ESPÈCES

- Le cas le plus connu est la réintroduction de 30 bouquetins.

- Pour que ce programme soit un succès un suivi important doit être réalisé : les animaux sont reconnus par leurs boucles colorées fixées aux oreilles et repérés grâce à des colliers radio-émetteurs.

- Réalisé par le Parc naturel régional de Chartreuse, le suivi scientifique est complété par des informations venant de correspondants locaux et de toutes les personnes qui souhaitent transmettre leurs observations.

- Cette année de nombreux cabris sont nés
On note des naissances gémellaires, ce qui indique une bonne adaptation des individus à leur nouvel environnement et ceci est de bonne augure pour la suite du programme.


Un invité s’est joint au groupe au moment du repas : un renard de plusieurs années très opportuniste et bien connu sur le secteur est venu quémander nos restes de nourriture.
Il s’est heurté à un refus de notre part puisqu’il est bien évidemment interdit de nourrir les animaux sauvages ne serait-ce que pour leur propre santé.



Cette journée aura été riche en échanges et chacun est reparti avec une vision plus claire de ce qu’est une Réserve.

Les participants ont apprécié les paysages, l’opportunité de partager une randonnée avec un garde de la Réserve et ont beaucoup appris au sujet de la flore en présence et de ses usages.


UNE EXPÉRIENCE A RENOUVELER SANS FAUTE !


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