Le décret portant création de la Réserve a été publié le 4 octobre 1997 dans le Journal Officiel. Ce projet, initié par la commission site de la FRAPNA, il y a dix neuf ans a aboutit après une très longue procédure administrative qui avait été précédée d’un important travail de terrain ayant permis de faire l’inventaire des espèces végétales, animales et des formations géologiques remarquables. De nombreuses associations avaient participé avec les services de l’État à l’élaboration du dossier scientifique ; comme la commission flore de la FRAPNA, le CORA, etc... Localement deux moments décisifs ont marqué le cheminement administratif de ce dossier : La délibération des conseils municipaux des communes ayant une partie de leur territoire intéressé par le projet (en 19992 et 1993) et l’enquête publique qui s’est déroulée du 28 juin au 13 juillet 1993.
Depuis plusieurs années , ce dossier était ficelé. Il lui manquait seulement les signatures au niveau ministériel pour aboutir car une réserve est créée par un un décret en Conseil d’État.
Nombreux sont ceux qui pensent que la création d’une réserve naturelle fait partie intégrante de la construction d’un parc naturel régional, s’il est vrai que de nombreux P.N.R. possèdent des territoires en réserve naturelle, les deux procédures constitutives n’ont rien à voir ainsi que lez singularité des missions.
* Un Parc Naturel Régional est créé sous le contrôle et avec l’aide de la Région qui participe à son financement (60% pour le P.N.R. de Chartreuse). Sa mission est de promouvoir des activités humaines durables sur un fond d’environnement de qualité, d’ou l’importance du soutien de l’économie locale (agriculture, tourisme, etc...) ainsi que des opérations visant à améliorer le cadre environnemental (naturel et humain). * Les réserves naturelles sont créées par, et placées sous l’autorité de l’État, elles fonctionnent avec un budget de l’État. Leurs raisons d’être, c’est leur intérêt écologique et scientifique exceptionnel. Elles abritent des animaux, des plantes, des insectes, des arbres, des fossiles...
Elles garantissent le maintien de milieux vivants devenus rares. Pour les hauts plateaux de Chartreuse, nous pouvons définir 4 objectifs (dont certains se recoupent) :
1) Préservation d’espèces animales, végétales et d’habitats présentant des qualités remarquables.
2) Conservation des jardins botaniques et arborétums constituant des réserves d’espèces végétales en voie de disparition.
3) Préservation de biotopes et de formations géologiques et spéléologiques remarquables.
4) Préservation des sites présentant un intérêt particulier pour l’étude de l’évolution de la vie et des premières activités humaines.
Dans une réserve, les activités humaines sont celles qui participent au maintien des éco-sytèmes en place, comme l’activité pastorale qui est primordiale sur les hauts plateaux, la chasse qui permet une régulation cynégétique du territoire et l’activité forestière sur fond de préservation.
L’information/sensibilisation et le cadrage de la fréquentation humaine est un point capital de la mission des réserves naturelles, où la surfréquentation de certains sites met en péril la conservation d’espèces rares.
La réserve naturelle des Hauts de Chartreuse intéresse onze communes qui ont donné leur accord (CHAPAREILLAN, ST. BERNARD DU TOUVET, ST. HILAIRE DU TOUVET, STE. MARIE DU MONT, ST. PANCRASSE, ST. PIERRE DE CHARTREUSE et ST. PIERRE D’ENTREMONT pour l’Isère, APREMONT, LES MARCHES, ENTREMONT LE VIEUX, ST. PIERRE D’ENTREMONT pour la Savoie). Soit au total 4450 hectares dont 3950 en Isère. La majorité du territoire étant situé en Isère, c’est le Préfet de ce département qui sera le véritable patron » de cette réserve.
Tout d’abord est créé un comité consultatif présidé par le Préfet, il est composé :
* des représentants de collectivités territoriales intéressées, de propriétaires et d’usagers ; * des représentants d’administrations et d’établissements publics concernés ; * des personnalités scientifiques qualifiées et des représentants d’associations de protection de la nature (extrait Article 3 ).
Ce comité qui se réunit au moins une fois par an , donne son avis sur le fonctionnement de la réserve, sur sa gestion, notamment en matière de chasse, et sur les conditions d’application des mesures réglementaires prévues (extrait de l’article 3).
la deuxième étape est la désignation d’un gestionnaire. La gestion de la réserve naturelle est confiée par convention à un établissement public, à une collectivité locale, où une association régie par la loi du 1° juillet 1901 (extrait article 5).
Sur les 136 réserves naturelles existant en France, 60% sont gérées par des associations, 10 par l’O.N.F., 12 par des P.N.R., 13 par des parc nationaux, une quinzaine par des conservatoires départementaux et régionaux.
De trop nombreux exemples démontrent que la gestion d’une réserve ne peut être accomplie efficacement par un organisme (quelles que soient ses compétences) qui l’assume en complément à ses propres objectifs, cela créé des superpositions de logiques parfois antagonistes. C’est pour celà qu’après de longues hésitations et négociations le Prefet de l’Isère a fini par désigner comme gestionnaire le Parc Naturel Régional de Chartreuse, mais associé à d’autres partenaires qui sont : L’Office national de Forêts, AVENIR et l’association des Hauts de Chartreuse qui représente les milieux scientifiques, associatifs et socio-professionnels concernés par ce territoire.
En fait tout ce qui risque de modifier la biodiversité et l’équilibre des éco-systèmes en place est soumis à réglementation ou à interdiction. par exemple, la cueillette de la vulnéraire et du thé des Alpes est toujours tolérée à des fins de consommation familiale, mais dans la limite de ce qu’une main peut contenir (extrait article 7)
Les activités forestières sont réglementées...
L’ouverture de nouvelles routes et pistes à l’intérieur de la réserve naturelle est interdite sous réserve des dispositions de l’article L242-9 du Code Rural (extrait article 8).
Les plans de chasse sont soumis à l’avis du comité consultatif.... notamment pour le sanglier, le lièvre brun, le lièvre variable, le tétra lyre. (extrait article 9)
Les activités pastorales continuent à s’exercer ... Le plan de pâturage est approuvé par le Préfet après avis du Comité Consultatif (extrait article 10).
les manifestations sportives et collectives sont interdites à l’exception de celles autorisées par le Préfet après avis du Comité consultatif (article 18).
le bivouac sous une tente dans laquelle on ne peut pas se tenir debout ou sous un abris est autorisé (extrait article 22).
En fait, contrairement à ce que certains pensent, des activités sont encore possibles sur la réserve, à condition, bien évidemment de respecter la réglementation fixée par le décret.
Souhaitons que les générations futures puissent encore découvrir toutes les richesses d’un territoire aussi exceptionnel, nous devons oeuvrer dans ce sens.
Association "les Hauts de Chartreuse" Mairie 38670 St Pierre d’Entremont
Contact : Président, Christophe BRUMELOT 38700 Corenc E.mail : brumeverry@free.fr ou mie.cb@wanadoo.fr
Photographies et textes de Bruno TALOUR
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1. la carte de la réserve Extrait de la Carte touristique du PNRC (Limite = liseret bleu-gris) |
Le Granier depuis l’Alpe |