GROUPE DE TRAVAIL GUIERS MORT

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Compte rendu des travaux

> QUEL AVENIR POUR LES GORGES DU GUIERS MORT ?
> I/Comment réfléchir ensemble à un projet pour le Guiers Mort ?
> II/ Quel projet pour les Gorges du Guiers Mort ?
> III/ Quelle démarche adopter ?

QUEL PROJET POUR LES GORGES DU GUIERS MORT ?

Valoriser un patrimoine historique et naturel exceptionnel Coordonner les usages et les activités Participer au développement local Recenser et soutenir les initiatives

Habitants, Usagers, Porteurs de projets… APPORTEZ VOTRE CONTRIBUTION A LA REFLEXION COMMUNE !

A L’INVITATION DE :

Mairie de Saint Laurent du Pont Amis du Parc Naturel Régional de Chartreuse

Compte rendu du travail des 24 et 25 septembre et 21 octobre 2004

QUEL AVENIR POUR LES GORGES DU GUIERS MORT ?

Préambule : Ces rencontres se sont déroulées du fait de l’initiative conjointe de la Mairie de Saint Laurent du Pont et des Amis du Parc Naturel Régional de Chartreuse. Au total près de 25 personnes ont participé à ces réflexions : élus de Saint Laurent du Pont et de Saint Pierre de Chartreuse, le conseiller général du canton, des personnes du PNRC et de l’ONF, des membres et responsables des Amis du Par et d’autres associations, des habitants et porteurs de projets du canton. Ce travail ne s’inscrit pas, dans cette étape, dans un schéma institutionnel : il s’agit de rassembler tous ceux qui, à divers titres, se sentent concernés par l’avenir des Gorges du Guiers Mort.

I/Comment réfléchir ensemble à un projet pour le Guiers Mort ?

Soirée de réflexion du 24 septembre à Saint Laurent du Pont avec Bernard Pecqueur de l’IGA et Alain Faure de l’IEP de Grenoble. Les échanges du vendredi soir avec le concours de Bernard Pecqueur, professeur à l’Institut de Géographie Alpine, spécialiste des questions de développement local, et d’Alain Faure, politologue à l’Institut d’Etudes Politiques, spécialiste des questions de participation sociale, ont permis d’identifier une démarche de travail qui éviterait de simplement juxtaposer les projets (honorables) des uns et des autres. Des échanges il ressort qu’une démarche pour un projet de développement local devrait s’appuyer sur les points suivants :

A quels besoins s’agit-il de répondre au plan local ? En effet il faut éviter un projet qui ne réponde qu’aux intérêts (honorables) de ses promoteurs. Le projet doit avoir une dimension d’utilité sociale bien identifiée et perceptible par tous.

De quelles ressources disposons-nous ? Un projet de développement local, élaboré de manière participative, doit permettre d’identifier des ressources auxquelles on ne pense pas d’emblée.

Par ailleurs notre attention a été attirée sur le fait qu’un projet de développement local était susceptible de faire appel à des fonds publics. Il convient de prendre en compte que les pouvoirs publics sont sollicités pour de nombreux projets de développement local ; quels arguments conduiront à privilégier notre projet ? Il semblerait qu’un projet local susceptible de mobiliser des fonds publics devrait présenter un intérêt au moins départemental, voire régional ou national. En effet les décideurs seront sensibles à des projets ayant le plus large impact possible, et en tout cas relevant de leur zones de compétence (département, région, état…).

Un dernier point, et d’importance essentielle, concerne l’équilibre économique d’un projet de développement local. En effet un projet de développement local ne peut reposer que sur des fonds publics. Il faut élaborer un modèle économique prévoyant un financement par les activités elles-mêmes.

A noter : les deux intervenants ont accepté d’accompagner le groupe dans la poursuite de sa réflexion.

II/ Quel projet pour les Gorges du Guiers Mort ?

Réflexion du samedi 25 septembre Les présentations et premiers échanges entre les participants ont permis de constater combien chacun était attaché au x Gorges et portait, plus ou moins explicitement, des projets par rapport à tel ou tel aspect de ce patrimoine. De ces échanges il est aussi ressorti qu’il est difficile d’envisager les Gorges du Guiers Mort pour elles-mêmes, sans prendre en compte qu’elles participent, ou pourraient participer, au développement économique et social des « communes portes ». Par ailleurs les Gorges sont indissociables des pôles culturels et touristiques que représentent les Caves de Voiron, le Musée de la Correrie, et l’Eglise de st Hugues.

Malgré le désir, légitime, de chacun de partager ses projets, nous avons pu conduire, au prix de quelques frustrations, une démarche de réflexion méthodique.

1°) Les besoins à prendre en compte Le compte rendu est forcément réducteur par rapport aux échanges ; les besoins suivants ont pu, dans un premier temps, être mis en évidence : (sans hiérarchisation)
-  Préserver un patrimoine historique (ponts, distillerie…) en voie de dégradation rapide ;
-  Prendre en compte les problèmes d’emploi et d’insertion sur le canton ;
-  Faire travailler les entreprises locales (consolider leur activité et leur savoir faire) ;
-  Prendre en compte l’existence de zones d’activités locales à conforter ;
-  Optimiser des flux touristiques importants.

2°) Les ressources à identifier Un premier inventaire des ressources à éventuellement valoriser fait apparaître les points suivants :
-  Le bois ;
-  Les chartreux et leur patrimoine spirituel ;
-  La liqueur, et les plantes ;
-  Le patrimoine industriel ;
-  Le patrimoine paysager ;
-  L’imaginaire et la création (Marc Pessin….) ;
-  La mobilisation humaine et affective à propos des Gorges.

3°) Quel projet ? Travaux du jeudi 21 octobre Les échanges, toujours passionnés, ont permis de mettre en évidence la variété des projets existants : sentiers ; imaginaire ; réhabilitation et valorisation du patrimoine, valorisation du bois, de différents savoirs faire, de l’aventure industrielle ; mise en évidence du rayonnement spirituel… Ces projets, au delà de leur intérêt propre, offrent presque tous la possibilité de s’articuler avec des démarches locales d’insertion, de formation, de développement du lien social. Il est très vite apparu que, compte tenu de la richesse et de la diversité du patrimoine naturel, historique et humain du massif, il était difficile d’articuler un projet d’ensemble autour d’un seul axe ou d’une seule thématique. En effet un projet de développement local de qualité se signale d’abord par sa capacité à fédérer le plus largement possible les acteurs locaux, et à être perçu et reconnu comme légitime et représentatif par la population. Le cas de la distillerie de Fourvoirie est très significatif de ce point de vue : l’histoire complexe et riche du site, l’ampleur du bâti qui pourrait être valorisé, ne peuvent se prêter à la mise en évidence d’une seule thématique : une polyvalence d’usages et une pluralité de thèmes s’imposent.

Au terme de ce partage il a semblé qu’un projet de développement durable des Gorges du Guiers Mort pourrait s’articuler autour de cinq pôles représentatifs de la variété, de la richesse et de l’histoire du massif :

Bien entendu, une telle approche pourrait être modifiée, améliorée, précisée. En tout état de cause, elle offre un cadre de regroupement commode à des activités existantes et aux projets actuels et futurs. Ainsi par exemple :

Pôles Activités existantes Projets et possibilités Paysage et patrimoine Randonnée, contemplation, pêche, activités sportive Sentiers, réhabilitation patrimoine historique, manifestations et activités autour du patrimoine… Patrimoine spirituel Musée de la Correrie, implantation monastiques Publications, séminaires, manifestations…. Art et culture Musée de St Hugues, Marc Pessin,Bibliothèque du centre social de St Laurent du Pont, associations locales et auteurs locaux… Thématique de l’imaginaire, manifestations et initiatives culturelles…. Bois, Forêts, ressources végétales Activités forestières et agropastorales, cueillette de plantes médicinales… ; Valorisation technique et/ou grand public du bois. Manifestations/initiatives autour de la thématique des plantes médicinales. Industries et savoirs faire Histoire industrielle, cimenterie, production hydroélectrique.Artisans locaux. Réflexion sur le devenir de la friche industrielle de Fourvoirie.Valorisation du patrimoine industriel.Mise en évidence et développement des savoirs faire locaux (formation et insertion professionnelle ou sociale..) A l’évidence ces pôles ne sont pas séparés ; selon les projets ou activités ils peuvent ou doivent être en interaction.

III/ Quelle démarche adopter ?

Pour passer d’un travail de réflexion à des réalisations concrètes les participants ont mis en évidence trois nécessités :

1°) Favoriser la participation concrète de tous. Pour ce faire il est proposé de mettre en place pour chaque pôle une commission de travail chargée d’identifier et d’instruire des projets. Ces groupes, orientés vers des thématiques concrètes, permettront de faciliter la participation de différentes personnes et d’acteurs socio économiques peu mobilisés pour l’instant. Il faudra imaginer une instance de coordination et de soutien.

2°) Construire un modèle économique équilibré pour le développement du Guiers Mort. Actuellement, la réaction spontanée face aux besoins est de rechercher des financements auprès de diverses collectivités publiques. Il semble évident que les besoins financiers (cf. la réhabilitation de la distillerie) ne pourront être comblés uniquement par des subventions publiques. Il faut construire un modèle économique incluant des activités permettant de dégager des marges de manœuvre au plan financier. Bernard Pecqueur, spécialiste du développement local à l’Institut de Géographie Alpine, est prêt à nous aider dans cette réflexion. Une proposition de travail sera faite dans ce sens.

3°) Obtenir l’appui et la collaboration du Parc. Le PNRC est un acteur essentiel et incontournable du développement du Massif. Les participants souhaitent que le groupe de travail sur le Guiers Mort soit intégré au dispositif de travail sur le renouvellement de la Charte. Un courrier en ce sens a été envoyé à la Présidente du Parc par les Maires de Saint Laurent du Pont et de Saint Pierre de Chartreuse, le Président de la Communauté de Commune du Guiers, et les Amis du Parc. Par ailleurs il faudrait envisager une collaboration instituée entre le PNRC et les partenaires de c e groupe.


En marge des échanges Deux points en marge des échanges :
-  Les lourdeurs administratives et financières pour procéder à la réhabilitation du patrimoine historique classé ou inscrit ont été largement pointées. Des réflexions sur les contournements possibles ont été engagées.

-  La visite sur le site de la distillerie à Fourvoirie a enthousiasmé les participants. Chacun pu mesurer l’ampleur des possibilités, et aussi celle des financements nécessaires…..


Jean Louis Barbon/Amis du Parc de Chartreuse/ 11/11/2004